Colonialité et genre dans Les hirondelles de Kaboul : déshumanisation féminine et chute du patriarcat

Résumé: Dans Les Hirondelles de Kaboul (2002), Yasmina Khadra dénonce les effets durables du colonialisme sur l’identité et les rapports sociaux. Le roman met en scène une société patriarcale et théologico-politique marquée par la domination, la déshumanisation et la violence systémique. Conçue dans...

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Bibliographic Details
Main Author: Ernest Mensah EDOH & Paul Kudzo GBEZE
Format: Article
Language:deu
Published: CRAC, INSAAC 2025-05-01
Series:Akofena
Online Access:https://www.revue-akofena.com/wp-content/uploads/2025/06/22-J16v03-19-Ernest-Mensah-EDOH-Paul-Kudzo-GBEZE_265-276.pdf
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Description
Summary:Résumé: Dans Les Hirondelles de Kaboul (2002), Yasmina Khadra dénonce les effets durables du colonialisme sur l’identité et les rapports sociaux. Le roman met en scène une société patriarcale et théologico-politique marquée par la domination, la déshumanisation et la violence systémique. Conçue dans un contexte postcolonial et décolonial, notre analyse use la théorie de la colonialité de l’être et du genre pour montrer comment la domination coloniale structure encore les dynamiques sociales, dans un régime nécropolitique où le corps féminin devient un lieu de contrôle et de destruction symbolique. À travers une approche thématique et une analyse des données textuelles recueillies, l’étude expose les mécanismes d’assujettissement à l’œuvre dans cette société minée par un extrémisme religieux. La femme y apparaît comme un corps voilé, marginalisé, sacrifié, une figure de la dépossession et de la violence institutionnalisée, révélant la persistance des logiques de pouvoir patriarcales et coloniales. Cette étude utilise le concept de colonialité de l’être développé par Nelson Maldonado-Torres ainsi que la pensée du pouvoir nécropolitique théorisée par Achille Mbembe, afin d’explorer les enjeux et la complexité des rapports de pouvoir et de genres dans un contexte postcolonial. En l’occurrence, dans Les Hirondelles de Kaboul, Khadra critique les effets du colonialisme sur l’identité des peuples colonisés et sur les relations sociales existantes entre hommes et femmes. En fait, ce roman se déroule dans un contexte politico-religieux caractérisé par une domination patriarcale et une violence systémique. L’étude révèle des multiples formes de masculinité qui ont été créées sous le joug de la subordination féminine, tiraillée entre domination, fragilité identitaire et perte de repères. Ce déséquilibre se manifeste dans l’univers des Hirondelles de Kaboul, où l’imbrication de la colonialité et du patriarcat devient plus aiguë dans une société minée par une forte crise religieuse et politique, renforçant les mécanismes d’oppression et d’aliénation féminine. Mots-clés : Colonialité, déshumanisation, genre, oppression systémique, théologico-politique
ISSN:2706-6312
2708-0633