Du sous-gouvernement de l’État au Congo Kinshasa : effet fatal de l’aliénation de l’économie par le capital transnational

En 1960, l’Etat congolais accède à la souveraineté plutôt formelle que réelle car l’aliénation de son économie, dépossédée de son patrimoine économique et financier par la Belgique, extravertie et assujettie par les puissances occidentales à tous les niveaux (production, commerce, finances et techno...

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Main Author: Marcel MFUMU NTETE NENE-MAKUMBU
Format: Article
Language:English
Published: Chaire de Dynamique Sociale – Presses de l’Université de Kinshasa 2024-06-01
Series:Mouvements et Enjeux Sociaux
Subjects:
Online Access:https://mesrids.org/wp-content/uploads/2024/07/16_MES-134-Vol-2-_Article-Mfume-Ntete.pdf
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description En 1960, l’Etat congolais accède à la souveraineté plutôt formelle que réelle car l’aliénation de son économie, dépossédée de son patrimoine économique et financier par la Belgique, extravertie et assujettie par les puissances occidentales à tous les niveaux (production, commerce, finances et technologie), soumet les gouvernants au diktat de l’Occident. En effet, ces enjeux économiques et financiers vont constituer le pilier de la géopolitique transnationale de l’Etat congolais, qui évolue en permanence dans les rapports soit conflictuels soit d’accommodation avec les forces hégémoniques mondiales en fonction des postures respectives des différents régimes de Kinshasa par rapport à la quête de l’indépendance économique. Produit du système néocolonial, Mobutu ne saura pas mener une vraie lutte pour l’indépendance économique qu’il fait sienne : sa révolution mène plutôt à la consolidation d’un pouvoir personnel appuyé par une dévotion clientéliste à sa gloire, sans pourtant libérer l’économie ni son pouvoir de l’emprise étrangère. Combinés aux effets de la crise systémique de la dette qui est issue de son parrainage par l’Occident, les effets de la Perestroïka l’emportent en mai 1997 à la faveur de la guerre de l’AFDL. Mais, se plaçant aux antipodes des intérêts économiques et financiers de cette nouvelle géopolitique transnationale, le progressisme de L.D. Kabila pour l’indépendance économique ne fait pas long feu car il en paie le prix par son assassinat en janvier 2001. Averti par le sort de L.D. Kabila, Joseph Kabila emprunte la voie opposée à celle de son prédécesseur en concédant aux bailleurs de fonds tout ce que leur a refusé ce dernier, en faveur du parrainage de son régime, partant du processus de pacification de Sun-City couplé du financement de l’économie contre les plans d’ajustement structurel : ainsi, la libéralisation et, surtout, la privatisation de l’économie qu’ils impliquent , sont disputées entre plusieurs puissants réseaux transnationaux autour du pouvoir de Kinshasa. C’est sur fond de ce désordre économique que son successeur, Felix Tshisekedi, se cherche entre la quête du financement extérieur sous l’emprise de ses bailleurs de fonds étrangers et la redynamisation de l’Inspection Générale des Finances (I.G.F) pour maximiser les ressources essentielles de l’Etat.
format Article
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institution OA Journals
issn 2790-3095
2790-3109
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publishDate 2024-06-01
publisher Chaire de Dynamique Sociale – Presses de l’Université de Kinshasa
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