De la sororie à la sororité : repenser les relations entre “soeurs”
Les amitiés entre femmes constituent un point aveugle aussi bien de la critique médiévale que des Friendship Studies. Passant inaperçues à côté des amitiés féodales masculines, des fraternités jurées, des « jumeaux fictifs », les femmes semblent condamnées à...
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| Format: | Article |
| Language: | fra |
| Published: |
Éditions universitaires de Dijon
2024-12-01
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| Series: | Savoirs en Lien |
| Online Access: | http://preo.ube.fr/sel/index.php?id=420 |
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| Summary: | Les amitiés entre femmes constituent un point aveugle aussi bien de la critique médiévale que des Friendship Studies. Passant inaperçues à côté des amitiés féodales masculines, des fraternités jurées, des « jumeaux fictifs », les femmes semblent condamnées à vivre en retrait du lien amical. Toutefois, à mieux y regarder, dès les premières œuvres courtoises au xiie siècle, les personnages féminins résistent parfois à cette condamnation et parviennent à se constituer en tant qu’amies, en tant que sœurs. Ces récits sont habités de femmes qui, en se reconnaissant, en s’aimant, font trembler les scripts traditionnels et virils. Par l’écriture, les amitiés de femmes conquièrent une place au sein des récits et des représentations pour doter les femmes de nouveaux gestes, de nouveaux amours, d’un langage à elles, « d’un lieu à elles ». Pour y parvenir, il leur faut transformer des relations condamnées par le patriarcat à la discorde et la jalousie en entente amicale. Il leur faut troquer les institutions traditionnelles pour des liens choisis. Ce bouleversement s’opère dans le passage de « sœurs de sangs » aux « sœurs choisies ». On se propose de revenir sur le Philomena de Chrétien de Troyes pour observer, dans son détail, ce passage fondamental. |
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| ISSN: | 2968-0263 |