Voix/voie narrative dans Los poderes de la tempestad (1997) de Donato Ndongo Bidyogo : dévoilement de quelques paradoxes

Résumé : Los poderes de la tempestad est souvent interprété comme une dénonciation de la dictature civile de Macías Nguema en Guinée Équatoriale (1968-1979). Pourtant, l’auteur met surtout l’accent sur les effets sociopolitiques de ce pouvoir sur la population, adoptant une posture narrative qui dis...

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Bibliographic Details
Main Author: Adjo N’go Rosine BOHOUSSOU
Format: Article
Language:deu
Published: CRAC, INSAAC 2025-07-01
Series:Akofena
Online Access:https://www.revue-akofena.com/wp-content/uploads/2025/07/20-Aticle-17-IIS-Adjo-Ngo-Rosine-BOHOUSSOU_249-260.pdf
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Description
Summary:Résumé : Los poderes de la tempestad est souvent interprété comme une dénonciation de la dictature civile de Macías Nguema en Guinée Équatoriale (1968-1979). Pourtant, l’auteur met surtout l’accent sur les effets sociopolitiques de ce pouvoir sur la population, adoptant une posture narrative qui distingue son œuvre des romans ouvertement antidictatoriaux. Nous proposons, à partir des outils de l’analyse du discours (Bakhtine ; Maingueneau), de lire ce texte comme la mise en fiction des ambivalences d’un sujet colonial confronté à l’exercice du pouvoir après les indépendances africaines (1960-80). Notre hypothèse est que ce roman révèle, au-delà du cas équatoguinéen, les contradictions structurelles des jeunes États postcoloniaux. Notre objectif est de montrer comment Los poderes de la tempestad configure et donne à lire ces tensions : un narrateur tout-puissant reflétant en abyme le despotisme qu’il décrit, un peuple dépeint comme infantile et manipulable. Deux conceptions du pouvoir s’affrontent dans le roman : l’une, tragique et grotesque, menant à l’impasse sociale ; l’autre, plus rationnelle, entrevue à travers une conscience critique postcoloniale. Ce conflit de légitimité éclaire non seulement le roman mais aussi nombre de fictions africaines des années 1980-90. Enfin, nous interrogeons, d’un point de vue herméneutique et critique ce que ces paradoxes disent de la capacité de la littérature africaine postcoloniale à exprimer ces contradictions. Le pouvoir de dire et de représenter cette littérature est ici également interrogé. Mots-clés : Donato Ndongo-Bidyogo, Guinée Équatoriale, Los poderes de la tempestad, Lector, Littérature africaine
ISSN:2706-6312
2708-0633