L’histoire de l’art prise aux mots

À partir de la fin du xixe siècle, les ambitions et les méthodes du connoisseurship se sont fondées sur l’idée que les historiens de l’art devaient d’abord construire leur regard à partir des œuvres d’art, convenablement identifiées, attribuées et datées, avant de prétendre éventuellement en tirer d...

Full description

Saved in:
Bibliographic Details
Main Author: Jan Blanc
Format: Article
Language:fra
Published: MSH Paris Nord 2012-07-01
Series:Appareil
Subjects:
Online Access:https://journals.openedition.org/appareil/1411
Tags: Add Tag
No Tags, Be the first to tag this record!
_version_ 1850069332767277056
author Jan Blanc
author_facet Jan Blanc
author_sort Jan Blanc
collection DOAJ
description À partir de la fin du xixe siècle, les ambitions et les méthodes du connoisseurship se sont fondées sur l’idée que les historiens de l’art devaient d’abord construire leur regard à partir des œuvres d’art, convenablement identifiées, attribuées et datées, avant de prétendre éventuellement en tirer des analyses ou des systèmes. La matérialité d’une œuvre n’est pourtant pas donnée ; il ne suffit pas de l’observer pour parvenir à sa connaissance objective : elle est construite, et uniquement accessible par la médiation d’une grille linguistique. La première responsabilité de l’histoire de l’art est donc de dénoncer sa dépendance au langage, de traquer les usages impensés – comme c’est le cas, par exemple, avec la notion de maniérisme – et de défendre, non point un relativisme, mais une prudence méthodologique, une histoire de l’art sceptique, critique et polémique, mieux : paradoxale.
format Article
id doaj-art-ab3082a7446e4d6d9ef6d704b227600d
institution DOAJ
issn 2101-0714
language fra
publishDate 2012-07-01
publisher MSH Paris Nord
record_format Article
series Appareil
spelling doaj-art-ab3082a7446e4d6d9ef6d704b227600d2025-08-20T02:47:47ZfraMSH Paris NordAppareil2101-07142012-07-01910.4000/appareil.1411L’histoire de l’art prise aux motsJan BlancÀ partir de la fin du xixe siècle, les ambitions et les méthodes du connoisseurship se sont fondées sur l’idée que les historiens de l’art devaient d’abord construire leur regard à partir des œuvres d’art, convenablement identifiées, attribuées et datées, avant de prétendre éventuellement en tirer des analyses ou des systèmes. La matérialité d’une œuvre n’est pourtant pas donnée ; il ne suffit pas de l’observer pour parvenir à sa connaissance objective : elle est construite, et uniquement accessible par la médiation d’une grille linguistique. La première responsabilité de l’histoire de l’art est donc de dénoncer sa dépendance au langage, de traquer les usages impensés – comme c’est le cas, par exemple, avec la notion de maniérisme – et de défendre, non point un relativisme, mais une prudence méthodologique, une histoire de l’art sceptique, critique et polémique, mieux : paradoxale.https://journals.openedition.org/appareil/1411objectivitélangagehistoire de l’artpositivismeconnoisseurshipdocument
spellingShingle Jan Blanc
L’histoire de l’art prise aux mots
Appareil
objectivité
langage
histoire de l’art
positivisme
connoisseurship
document
title L’histoire de l’art prise aux mots
title_full L’histoire de l’art prise aux mots
title_fullStr L’histoire de l’art prise aux mots
title_full_unstemmed L’histoire de l’art prise aux mots
title_short L’histoire de l’art prise aux mots
title_sort l histoire de l art prise aux mots
topic objectivité
langage
histoire de l’art
positivisme
connoisseurship
document
url https://journals.openedition.org/appareil/1411
work_keys_str_mv AT janblanc lhistoiredelartpriseauxmots