La critique du réalisme leibnizien dans le De Motu de Berkeley.

L’objet de Berkeley dans le De Motu est de marquer l’autonomie de la mécanique (ou dynamique) et de la métaphysique, en montrant que le concept de force tel qu’on l’utilise en mécanique ne peut servir à déterminer ce qu’il en est de la nature des choses. Pour établir cette distinction entre ces deux...

Full description

Saved in:
Bibliographic Details
Main Author: Luc Peterschmitt
Format: Article
Language:fra
Published: École Normale Supérieure de Lyon 2005-04-01
Series:Astérion
Online Access:https://journals.openedition.org/asterion/18
Tags: Add Tag
No Tags, Be the first to tag this record!
Description
Summary:L’objet de Berkeley dans le De Motu est de marquer l’autonomie de la mécanique (ou dynamique) et de la métaphysique, en montrant que le concept de force tel qu’on l’utilise en mécanique ne peut servir à déterminer ce qu’il en est de la nature des choses. Pour établir cette distinction entre ces deux domaines du savoir, Berkeley à la fois s’appuie sur et critique la notion leibnizienne de force : Leibniz assure la réalité de la force dérivative (concept mécanique) en la fondant sur la forme substantielle des corps, ou force primitive (concept métaphysique), qui permet d’attribuer aux corps une efficace causale. En récusant la forme substantielle comme inconcevable, Berkeley ruine alors le réalisme leibnizien, en vertu du lien posé par Leibniz lui-même entre sa métaphysique et sa dynamique. Mais du coup, cela permet à Berkeley d’instaurer un nouveau rôle à la métaphysique face à la mécanique : non plus un rôle fondateur comme celui que lui assigne Leibniz, mais un rôle critique, celui d’une instance qui dit les conditions sous lesquelles l’usage des concept est valide en science.
ISSN:1762-6110