Caliban in North-Michigan, or Brown Dog as American Wodewose

Il s’agit de proposer, à partir de plusieurs points de comparaison entre le Caliban de Shakespeare et Brown Dog (Chien Brun), un personnage de la fiction de Jim Harrison, quelques idées autour de l’esthétique développée par l’auteur américain dans la saga éponyme retraçant les pérégrinations d’un pr...

Full description

Saved in:
Bibliographic Details
Main Author: Céline Rolland
Format: Article
Language:English
Published: Presses Universitaires du Midi 2014-11-01
Series:Caliban: French Journal of English Studies
Subjects:
Online Access:https://journals.openedition.org/caliban/630
Tags: Add Tag
No Tags, Be the first to tag this record!
_version_ 1849236336376020992
author Céline Rolland
author_facet Céline Rolland
author_sort Céline Rolland
collection DOAJ
description Il s’agit de proposer, à partir de plusieurs points de comparaison entre le Caliban de Shakespeare et Brown Dog (Chien Brun), un personnage de la fiction de Jim Harrison, quelques idées autour de l’esthétique développée par l’auteur américain dans la saga éponyme retraçant les pérégrinations d’un protagoniste foncièrement libre. C’est, d’abord, le symbolisme géographique du territoire occupé par Chien Brun et Caliban qui permet de rapprocher les deux personnages : la forêt sur une île et une péninsule perçues comme des sanctuaires du sauvage. Ensuite, selon la perspective postcoloniale, les deux personnages s’insurgent contre un envahisseur venu opprimer et asservir les autochtones. En outre, Caliban et Brown Dog sont deux figures primitives, a priori pas ou peu civilisées : ce sont deux personnages pulsionnels obéissant à des instincts prédateurs. Ce point commun explique la tonalité comique présente dans les deux œuvres. Pourtant, Caliban et Chien Brun savent aussi exprimer, d’une voix humble, sensations et sentiments avec justesse, créativité et même poésie. Cependant, la bestialité parfois menaçante et violente de Caliban ne se retrouve que fortement atténuée chez Chien Brun qui apparaît comme une version adoucie, pacifique et hédoniste. Plus proche de Falstaff, autre figure shakespearienne de la transgression, Chien Brun est sympathique : il fait souvent rire le lecteur. Shakespeare et Harrison ont ainsi créé deux figures d’intermédiaires entre les catégories de l’humain et de l’animal qui reconfigurent l’opposition entre le sauvage et le civilisé et reflètent le goût des auteurs pour une écriture hybride, mêlée, une poétique de l’impur.
format Article
id doaj-art-a4e68a979d104f4393519d387a2fc12c
institution Kabale University
issn 2425-6250
2431-1766
language English
publishDate 2014-11-01
publisher Presses Universitaires du Midi
record_format Article
series Caliban: French Journal of English Studies
spelling doaj-art-a4e68a979d104f4393519d387a2fc12c2025-08-20T04:02:17ZengPresses Universitaires du MidiCaliban: French Journal of English Studies2425-62502431-17662014-11-015220121610.4000/caliban.630Caliban in North-Michigan, or Brown Dog as American WodewoseCéline RollandIl s’agit de proposer, à partir de plusieurs points de comparaison entre le Caliban de Shakespeare et Brown Dog (Chien Brun), un personnage de la fiction de Jim Harrison, quelques idées autour de l’esthétique développée par l’auteur américain dans la saga éponyme retraçant les pérégrinations d’un protagoniste foncièrement libre. C’est, d’abord, le symbolisme géographique du territoire occupé par Chien Brun et Caliban qui permet de rapprocher les deux personnages : la forêt sur une île et une péninsule perçues comme des sanctuaires du sauvage. Ensuite, selon la perspective postcoloniale, les deux personnages s’insurgent contre un envahisseur venu opprimer et asservir les autochtones. En outre, Caliban et Brown Dog sont deux figures primitives, a priori pas ou peu civilisées : ce sont deux personnages pulsionnels obéissant à des instincts prédateurs. Ce point commun explique la tonalité comique présente dans les deux œuvres. Pourtant, Caliban et Chien Brun savent aussi exprimer, d’une voix humble, sensations et sentiments avec justesse, créativité et même poésie. Cependant, la bestialité parfois menaçante et violente de Caliban ne se retrouve que fortement atténuée chez Chien Brun qui apparaît comme une version adoucie, pacifique et hédoniste. Plus proche de Falstaff, autre figure shakespearienne de la transgression, Chien Brun est sympathique : il fait souvent rire le lecteur. Shakespeare et Harrison ont ainsi créé deux figures d’intermédiaires entre les catégories de l’humain et de l’animal qui reconfigurent l’opposition entre le sauvage et le civilisé et reflètent le goût des auteurs pour une écriture hybride, mêlée, une poétique de l’impur.https://journals.openedition.org/caliban/630hybriditytransgressionanimality/bestialitysavagism/civilityreconfigurationsbastardy
spellingShingle Céline Rolland
Caliban in North-Michigan, or Brown Dog as American Wodewose
Caliban: French Journal of English Studies
hybridity
transgression
animality/bestiality
savagism/civility
reconfigurations
bastardy
title Caliban in North-Michigan, or Brown Dog as American Wodewose
title_full Caliban in North-Michigan, or Brown Dog as American Wodewose
title_fullStr Caliban in North-Michigan, or Brown Dog as American Wodewose
title_full_unstemmed Caliban in North-Michigan, or Brown Dog as American Wodewose
title_short Caliban in North-Michigan, or Brown Dog as American Wodewose
title_sort caliban in north michigan or brown dog as american wodewose
topic hybridity
transgression
animality/bestiality
savagism/civility
reconfigurations
bastardy
url https://journals.openedition.org/caliban/630
work_keys_str_mv AT celinerolland calibaninnorthmichiganorbrowndogasamericanwodewose