Hobbes et l’économique

Hobbes intéresse l’économiste de deux manières. La première consiste en une lecture de Hobbes avec les lunettes de l’économiste d’aujourd’hui. Il fonde, avant Locke, le lien social sur l’échange et le contrat ou la convention. Mais, à la différence de la voie qu’Adam Smith empruntera ultérieurement,...

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Bibliographic Details
Main Author: Pierre Dockès
Format: Article
Language:fra
Published: École Normale Supérieure de Lyon 2007-04-01
Series:Astérion
Subjects:
Online Access:https://journals.openedition.org/asterion/801
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Description
Summary:Hobbes intéresse l’économiste de deux manières. La première consiste en une lecture de Hobbes avec les lunettes de l’économiste d’aujourd’hui. Il fonde, avant Locke, le lien social sur l’échange et le contrat ou la convention. Mais, à la différence de la voie qu’Adam Smith empruntera ultérieurement, le programme hobbésien place le pouvoir au cœur de sa réflexion. Il faut également retenir l’analyse des coalitions menée par Hobbes, particulièrement celle des coalitions autoritaires (l’Union se distinguant de la simple association ou Consent) et de la république comme une grande coalition autoritaire, et être impressionné par la proximité de ses analyses de la formation du contrat social et de l’autorité avec les théories contemporaines de l’agence. En second lieu, Hobbes est un mercantiliste qui livre certaines observations économiques non dépourvues d’intérêt. Il s’agit principalement de ses analyses de la valeur et des prix et du chapitre XXIV du Léviathan intitulé « Of the Nutrition and Procreation of a Commonwealth ». Hobbes y traite successivement de la production (plenty), étudie ensuite sa répartition (distribution) et ce qu’il nomme la digestion (concoction) ou transformation des richesses réelles en argent. Enfin vient l’acheminement (Conveyance) ou circulation monétaire du flux nourricier dans le corps de la république.
ISSN:1762-6110