De l’autofiction genrée en tant que « non-fiction », un paradoxe ?

Le texte se propose d’explorer le concept d’autofiction comme une forme de non-fiction, remettant en question les définitions attribuées à chacun de ces genres. Il soutient que différencier et opposer les méthodes d’écriture liées aux champs déclarés esthétiques et/ou cognitifs s’avère infructueux....

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Main Author: Danielle Pascal-Casas
Format: Article
Language:English
Published: Yuriy Fedkovych Chernivtsi National University 2025-08-01
Series:Pitannâ Lìteraturoznavstva
Subjects:
Online Access:http://pytlit.chnu.edu.ua/article/view/337876
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description Le texte se propose d’explorer le concept d’autofiction comme une forme de non-fiction, remettant en question les définitions attribuées à chacun de ces genres. Il soutient que différencier et opposer les méthodes d’écriture liées aux champs déclarés esthétiques et/ou cognitifs s’avère infructueux. L’autofiction se greffe autour d’un « je » que l’on croirait singulier alors qu’il est, par nature, pluriel, dixit Jean-Luc Nancy. Ce « je » tend d’ailleurs à s’éloigner chaque fois plus d’un narcissisme qu’on lui attribue dans un premier temps, pour glisser vers un « nous » inclusif. L’article prend pour exemple trois écrivaines contemporaines. Chloé Delaume qui revendique l’étiquette de l’autofiction pour sa production littéraire, alors qu’Annie Ernaux s’en détache en se présentant plutôt comme autosociobiographe. Quant à Christine Angot, elle associe le terme « fiction » à celui de personnages créés de toutes pièces, ce qui va à l’encontre du message de vérité qu’elle proclame. Quelles que soient les auto-déclarations, toutes trois se concentrent sur l’écriture de leur vécu, cassant les tabous sociétaux. Les narrations personnelles font œuvre politique. Leurs écrits servent d’écho à la souffrance humaine et sont ancrés dans un contexte social identifiable, telle une écriture de soi comme miroir de l’autre. C’est pourquoi l’article plaide pour la dissolution des frontières de genre entre autofiction et non-fiction. Car si tout écrit « fictivise », le réel est bien présent dans le témoignage du vécu intime propre à la première personne caractéristique de l’autofiction. Ce « je », jugé littéraire, s’invite dorénavant dans des disciplines répertoriées comme scientifiques. L’article se conclut sur les modes d’écriture qui se rejoignent, et sur les définitions de genre qui basculent.
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institution Kabale University
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publishDate 2025-08-01
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spelling doaj-art-2bccfdb750964b1a9ec188a0a6bc0cc22025-08-23T06:06:44ZengYuriy Fedkovych Chernivtsi National UniversityPitannâ Lìteraturoznavstva2306-29082025-08-0111110.31861/pytlit2025.111.130De l’autofiction genrée en tant que « non-fiction », un paradoxe ?Danielle Pascal-Casas0Chercheuse indépendante Le texte se propose d’explorer le concept d’autofiction comme une forme de non-fiction, remettant en question les définitions attribuées à chacun de ces genres. Il soutient que différencier et opposer les méthodes d’écriture liées aux champs déclarés esthétiques et/ou cognitifs s’avère infructueux. L’autofiction se greffe autour d’un « je » que l’on croirait singulier alors qu’il est, par nature, pluriel, dixit Jean-Luc Nancy. Ce « je » tend d’ailleurs à s’éloigner chaque fois plus d’un narcissisme qu’on lui attribue dans un premier temps, pour glisser vers un « nous » inclusif. L’article prend pour exemple trois écrivaines contemporaines. Chloé Delaume qui revendique l’étiquette de l’autofiction pour sa production littéraire, alors qu’Annie Ernaux s’en détache en se présentant plutôt comme autosociobiographe. Quant à Christine Angot, elle associe le terme « fiction » à celui de personnages créés de toutes pièces, ce qui va à l’encontre du message de vérité qu’elle proclame. Quelles que soient les auto-déclarations, toutes trois se concentrent sur l’écriture de leur vécu, cassant les tabous sociétaux. Les narrations personnelles font œuvre politique. Leurs écrits servent d’écho à la souffrance humaine et sont ancrés dans un contexte social identifiable, telle une écriture de soi comme miroir de l’autre. C’est pourquoi l’article plaide pour la dissolution des frontières de genre entre autofiction et non-fiction. Car si tout écrit « fictivise », le réel est bien présent dans le témoignage du vécu intime propre à la première personne caractéristique de l’autofiction. Ce « je », jugé littéraire, s’invite dorénavant dans des disciplines répertoriées comme scientifiques. L’article se conclut sur les modes d’écriture qui se rejoignent, et sur les définitions de genre qui basculent. http://pytlit.chnu.edu.ua/article/view/337876autofictionnon-fictionécriturefrontièresChloé DelaumeAnnie Ernaux
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