Aldo Rossi et les images architecturales de l’oubli

L’oubli est un thème central dans les écrits d'Aldo Rossi, notamment dans son livre Autobiographie Scientifique. Pour lui, le souvenir et l’oubli sont les deux possibilités de l’architecture : ce que l’on oublie en dit autant sur notre création que l’accumulation de souvenirs qui nous permetten...

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Main Author: Can Onaner
Format: Article
Language:fra
Published: Centre d´Histoire et Théorie des Arts 2015-04-01
Series:Images Re-Vues
Subjects:
Online Access:https://journals.openedition.org/imagesrevues/3858
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description L’oubli est un thème central dans les écrits d'Aldo Rossi, notamment dans son livre Autobiographie Scientifique. Pour lui, le souvenir et l’oubli sont les deux possibilités de l’architecture : ce que l’on oublie en dit autant sur notre création que l’accumulation de souvenirs qui nous permettent de constituer un récit cohérent. Dans son architecture, trois opérations esthétiques spécifiques permettent à l’oubli d’exister : l’abstraction, la fragmentation et le déplacement analogique. L’abstraction est une manière de faire le vide, en mettant sous silence le désir et l’anxiété face à la mort. Toutes les formes utilisées par Rossi, à commencer par le cube, le prisme et la cheminée, y sont soumises. La fragmentation ne concerne plus les formes elles-mêmes et leur dimension sémantique, mais la syntaxe du langage architectural. Ainsi, si les formes sont simples, abstraites et élémentaires, la structure sera elle fragmentée et complexe. Pour Rossi, il n’est plus envisageable d’avoir une totalité cohérente, ni d’écrire une narration complète, car la ruine et l’oubli sont inhérents à la mémoire de l’architecte, comme à la mémoire collective de la ville. La troisième opération est le déplacement analogique. Les fragments d’un projet se retrouvent dans les dessins pour un autre projet ; les formes répétées sont renvoyées dans un nouveau contexte où leurs significations se trouvent modifiées. Le déplacement est une forme de recommencement, où l’on a oublié d’où l’on vient pour créer de nouveaux agencements. La « nouveauté » pour Rossi n’est pas donc le fruit d’une innovation formelle ou technique  mais elle est la résurgence anachronique de quelque chose de familier qui apparaît de façon non familière et est inscrite dans l’histoire comme un possible tenu en suspens par la mémoire et l’oubli.
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