Stillness in John Fuller’s Corsica

Séduit depuis toujours par le monde méditerranéen, le poète contemporain britannique John Fuller consacre plusieurs textes à la Corse à partir de la fin des années 1980. Fasciné et intrigué par les paysages insolites des tafoni ou des Calanques de Piana, assurément baignés d’une inquiétante étranget...

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Bibliographic Details
Main Author: Aurélien Saby
Format: Article
Language:English
Published: Presses Universitaires du Midi 2017-12-01
Series:Caliban: French Journal of English Studies
Subjects:
Online Access:https://journals.openedition.org/caliban/5252
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Description
Summary:Séduit depuis toujours par le monde méditerranéen, le poète contemporain britannique John Fuller consacre plusieurs textes à la Corse à partir de la fin des années 1980. Fasciné et intrigué par les paysages insolites des tafoni ou des Calanques de Piana, assurément baignés d’une inquiétante étrangeté, il offre à ses lecteurs des perspectives inédites venant défier divers genres littéraires, du gothique au grotesque, en explorant toutes leurs ressources. Tour à tour envoûtantes et déstabilisantes—voire aliénantes—, ses descriptions de l’arrière-pays corse détournent les codes de la photographie conventionnelle pour proposer des arrêts sur image témoignant d’un renouvellement sans pareil de son génie créatif. Aussi, le recueil Stones and Fires, incluant le long poème "Star-Gazing" largement inspiré des nuits étoilées de l’été 1993, sera-t-il salué par la critique et couronné du Forward Poetry Prize en 1996. Outre les tableaux autobiographiques de vacances heureuses passées dans le Golfe de Lava jusqu’au début des années 2000, cet article aborde les vers de Fuller comme autant d’instantanés faisant l’éloge d’une terre d’accueil en période de deuil. Texte majeur dans l’œuvre de Fuller, "Star-Gazing" fut en effet composé à la suite des décès de Roy et Kate Fuller. Orphelin à 56 ans, le poète y dépeint la Corse comme un lieu d’adoption digne d’une utopie propice au recueillement et à la méditation. Ses vers interrogent les normes de la poésie élégiaque sans jamais édulcorer la mort, affrontée sans ambages à travers le portrait des corps éteints de ses parents. Refusant toute complaisance dans le pathos, Fuller n’a de cesse de célébrer ce que Michael Edwards nomme "Le Bonheur d’être ici", plus émerveillé que jamais par le flamboiement d’un lys au coucher de soleil ou la saveur d’un vin local. Et pour contrer les forces destructrices menaçant l’équilibre de son arrière-pays intime à chaque vers, il sonde avec brio les formes les plus complexes tout en rendant hommage à ses mentors, W.H. Auden, Matthew Arnold, ou son père, le poète Roy Fuller.
ISSN:2425-6250
2431-1766