La diversité et le multiculturalisme selon David Cameron, 2005-2011

En 2005, David Cameron est devenu le chef du parti conservateur dans un contexte de « retour de bâton » (‘backlash’) contre le multiculturalisme, qu’il a exploité en développant une rhétorique opposant les « blancs » aux « non-blancs ». Il a d’abord non seulement déclaré que le « racisme traditionne...

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Bibliographic Details
Main Author: Émilie De Witte
Format: Article
Language:English
Published: Université de Poitiers 2025-05-01
Series:Cahiers du MIMMOC
Subjects:
Online Access:https://journals.openedition.org/mimmoc/12697
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Description
Summary:En 2005, David Cameron est devenu le chef du parti conservateur dans un contexte de « retour de bâton » (‘backlash’) contre le multiculturalisme, qu’il a exploité en développant une rhétorique opposant les « blancs » aux « non-blancs ». Il a d’abord non seulement déclaré que le « racisme traditionnel » n’existait plus, mais qu’il s’était renversé : il y aurait dès lors un racisme de la part des minorités ethniques envers les « blancs », cautionné par le multiculturalisme. À partir de cette prémisse, il a construit un discours de plus en plus véhément à l’encontre du multiculturalisme, jusqu’à dénoncer une « doctrine d’État ». Dès 2007, il a utilisé immigration et multiculturalisme comme synonymes afin de renforcer ses attaques contre les « non-blancs » : les emplois, les logements et les ressources naturelles seraient ainsi pris d’assaut par des vagues de travailleurs étrangers, entraînant une pénurie pour les Britanniques. Ce qui a commencé comme un discours d’opposition s’est transformé en discours de gouvernement lorsqu’il est devenu Premier Ministre en 2010. Cette étude propose d’analyser les étapes de cette évolution discursive, afin de comprendre comment David Cameron est parvenu à construire, diffuser et imposer une vision négative de l’immigration et du multiculturalisme.
ISSN:1951-6789